Mon carnet de suivi si je pouvais…

Après quelques mois de mise en place du carnet de suivi, j’éprouve le besoin de faire un petit bilan.

Cela m’est venue quand j’ai fini de rencontrer tous les parents d’élèves en entretien individuel.

Tous les parents, dont les enfants évoluent parfaitement bien, ont émis une inquiétude tout à fait justifiée quant au carnet de suivi.

  • Comment savoir quelles sont les difficultés de mon enfant si je ne vois que les réussites ?
  • D’où l’entretien répondis-je…
  • Oui mais comment savoir tout ce que notre enfant doit connaître avant d’entrer au CP ?
  • L’ensemble des compétences par domaine est indiqué dans le carnet de suivi répondis-je…
  • Oui mais on y comprend rien à ce charabia !
  • C’est vrai que tout cela n’a pas vraiment été simplifié. (Voir par là —-> Article très intéressant.)
  • S’il n’y a aucune trace des difficultés de notre enfant dans ce carnet, comment voir son évolution ? Vos collègues qui accueilleront mon enfant les prochaines années auront ils connaissance de ses difficultés si elles n’apparaissent pas ?
  • Nous nous réunissons régulièrement et communiquons  sur le sujet. Une fiche bilan est remplie par l’enseignant en fin de GS et il communique celle-ci à l’enseignant de CP qui accueillera votre enfant.
  • Et cette fiche ?… On l’aura aussi ?
  • Heuuuuu….

Etc…

Par contre les parents dont les enfants sont de vraies truffes sont ravis de ce carnet de suivi…

C’est là que je me dis que le carnet de suivi a ses limites….

Quand on est parent d’un enfant en difficulté  et qu’on préfère ignorer la vérité (c’est humain, je ne juge pas) ce carnet de suivi est l’outil idéal ! Il idéalise chaque réussite, aussi peu nombreuses soient-elles, puisqu’elles sont illustrées par des photos, des petites phrases dictées à l’adulte par l’enfant (oh que c’est mignooooonnnn !) ou par quelques fiches de travail (Oh regarde ce qu’il a réussi à faire ces p’tites mimines !) alors que le nain n’a pas acquis le quart du tiers de ce qu’on lui demande de savoir pour l’entrée au CP.

Tout ça pour dire que le problème va bien finir par péter à la gueule des parents. Il y aura forcément à un moment donné ou un autre une prise de conscience douloureuse, une vérité qui leur éclatera au visage.

Comme un entretien ça se fait à deux, ça pétera aussi à la gueule de l’enseignant. Même si celui-ci a tenté de bien peser et choisir ces mots lors de l’entrevue. Moment difficile pour tous.

Les parents chercheront un coupable pour cette vérité qui leur tombera dessus comme un couperet et le coupable ça sera nous, les enseignants.

Ce ne sera pas les têtes pensantes de ces nouveaux programmes qui en prendront plein la gueule…  mais bel et bien nous, enseignants.

Cette bienveillance préconisée, même si elle part d’un bon sentiment, trompe les parents quant au réel niveau de leur enfant. Le fossé se creusera de plus en plus chaque année et un jour « Boum » !

Même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est dit dans cet article du Figaro (clic pour le lire), la bienveillance prônée aujourd’hui par les nouveaux programmes peut effectivement parfois ressembler à de la complaisance.

Quand je remplissais les carnets de suivi de mes élèves de petite section, ça me démangeait de la faire à ma sauce et d’y ajouter quelques belles compétences qui valaient des points !

J’ai donc imaginé ce que j’aurais pu y consigner, mais toujours en adoptant un ton bienveillant et admiratif quant à certaines réussites de mes petites sections 😀 après 8 mois de scolarisation….

mon carnet de suivi

 

Cher collègue, tu peux étoffer ce nouveau carnet de suivi en commentaires, si tu le souhaites 😀

Vas-y ! Lâche-toi ! Ta mère est là pour t’écouter 😀

 

 

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18 commentaires

    1. j’avoue que je me suis un peu lâchée, j’ai fait un bref résumé de cette première année de réelle mise en place du carnet de suivi. Je n’ai que des petits et déjà j’ai été confrontée à des choses que j’aurais bien aimé consigner dans ce carnet pour réveiller un peu certains parents et que les collègues qui arrivent sachent à quoi s’attendre.

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      1. Heureusement que nous n’avons pas ce système d’étiquettes car je crois que j’aurais été trèèèèèèèès tentée de m’en servir ^_^ Merci pour ce moment de « La vache, ça fait du bien, je me sens moins seule à galérer avec les PS de cette année… »

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      2. ouais la vache ça fait du bien 😀
        j’ai une petite section que j’ai vu 1/10ème du temps, c’est à dire le vendredi matin, jour de marché tous les 15 jours. Quand est arrivée la date de l’entretien avec les parents, j’ai cherché un premier temps à trouver des réussites pour étoffer le carnet de suivi et puis je me suis dit : « Et merde ! y a rien, je montrerai qu’il n’y a rien à cause de son absentéisme! »
        Les parents ont compris. La gamine est revenue à temps complet durant…2 semaines. Pis rien… à nouveau rien…

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  1. Voilà tout est dit ! Ce sont exactement les limites de l’exercice et c’est pour ça qu’avec les collègues on traîne autant les pieds pour le mettre en place (même si j’avoue que votre version me parle beaucoup !!! )

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  2. Pour compléter ta version,j’ajouterai: sais faire preuve de vitesse et de dextérité Pour enlever et jeter( pardon lancer) sa godasse sur la maitresse ou autre nain dans les parages en cas de frustration (honte sur la maitresse elle a osé dire non!!!😜)!!!

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  3. J’adore !
    Je confirme que le mot « pute » est toujours bien utilisé au cycle III, good job !
    Cycle 3, c’est le LSUN avec des nouvelles notes. Les deux extrêmes sont bien matérialisés. En revanche, la notion de « partiellement » atteint regroupe des faibles qui font des efforts et des bons qui n’arrivent pas à être très bon !
    https://blogoth67.wordpress.com/2017/01/24/lsun-kesako/
    Et comme tu le dis, si l’élève ne réussit pas, la faute à qui, hein ?

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  4. Visitez ce lien, c’est intéressant, cela prouve qu’on ne peut même plus émettre l’idée qu’un enfant éprouve des difficultés dès la petite section alors que justement c’est là qu’on les repère les plus facilement, c’est là qu’il est important d’agir, tout de suite et maintenant et de concert avec les parents !

    http://www.huffingtonpost.fr/coralie-g/lettre-ouverte-a-la-maitresse-de-mon-fils-qui-parle-de-reussite_a_22036881/?utm_hp_ref=fr-homepage&ncid=fcbklnkfrhpmg00000001

    Personnellement, il y a plusieurs choses que je ne comprends pas. Il y a forcément eu un problème de communication au départ avec l’enseignante. déjà parce qu’on ne donne pas le carnet de suivi ( car c’est un carnet de suivi et non un cahier de réussites) sans un entretien avec les parents.
    Cet entretien sert à leur expliquer ce qu’est justement ce carnet de suivi où ne sont consignées que les réussites et parce qu’oralement, lors de cette entrevue, on peut y aborder les petites difficultés rencontrées au cours de l’année écoulée par l’enfant.
    Ensuite je ne comprends pas que la maman parle de « bien et de moins bien » dans un carnet de suivi, car je le disais plus haut, la difficulté est tue, il n’y a que et uniquement que les réussites ! Maintenant, l’école n’est effectivement pas un lieu de travail (enfin, pas officiellement en ce moment mais dans 6 mois ça peut changer) c’est un lieu où l’enfant doit apprendre en s’amusant.
    Mais finir même une partie de cartes, de dominos ou de loto, ça demande pour certains élèves un énooooooorme effort. Ils papillonnent d’atelier en atelier et ne finissent jamais rien, ne supportent pas qu’on les contraignent à au moins finir une partie, ou une peinture ou une construction etc…
    Donc oui, l’effort commence en maternelle et même bien avant dans l’éducation de l’enfant qui commence à la maison. Certes les mots de l’enseignante ont été mal choisis mais je pense qu’écrire un article sur le net, qui est partagé par le huffington et Facebook et autres alors qu’il n’est adressé qu’à l’enseignante de l’enfant c’est un peu faux-jeton et ça prouve bien le manque de communication.
    Donc pendant une semaine la mère a ruminé dans son coin, a écrit un article qu’elle a partagé spontanément et consciencieusement dans le Huffington post à titre de témoignage et elle a mis la plus belle photo de son bout de chou sur son blog (ce qui entre nous soit dit n’est pas très intelligent sauf si c’était pour attirer l’empathie) et ensuite elle est partie en vacances, faisant le buzz.
    Ce qui est grave, c’est qu’un mot mal choisi de l’enseignant, une absence de communication, une maladresse, émettre l’hypothèse qu’un enfant a peut être eu au départ quelques difficultés (alors que je retiens le principal, c’est qu’aujourd’hui, l’enfant a réussi à les surmonter ses difficultés) on finit nous, les enseignants en pâture sur le net comme la photo de ce gamin !
    Ben là je dis NON !

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    1. J’ai lu et je suis entièrement de ton avis.
      L’école est quand même un lieu de travail mais un « travail » pour les petits comme tu le dis, apprendre en s’amusant.
      L’école n’est pas une garderie et je suis encore confronté à cette situation avec des cycle 3… Nous devons constamment nous justifier pour expliquer nos choix et nos remarques, ce n’est pas normal !

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  5. Et bin non,un cahier de suivi ne contient pas que les réussites, c’est un carnet de route ou on note les réussites et les « pas encore »…
    Ces 2 petits mots font une sacrée difference dans l’utilisation de l’outil! Enfin ca c la vision de l’ien mat’ et autant de son de cloche que d’ien… Donc on se retrouve dans notre m…avec nos doutes et nos nains!
    Bref j’espère juste qu’il reste qq chocolats non trouvés ce week-end dans le champ!

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    1. Ben mon Ien lui, préconise de n’y inscrire que les réussites. Les observables restent un outil uniquement pour l’enseignant, pour les « pas encore » . Comme tu dis, ils feraient bien de tous accorder leurs violons.

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  6. c’est ça la bienveillance, voir toutes les réussites même là où l’on ne les verrai pas! Merci pour ces items;)

    Plus sérieusement aussi, là où le terme de « bienveillance » était quelque chose de positif et dans laquelle globalement en tant qu’enseignante on se situait plutôt, c’est devenu un dû un devoir, la bienveillance n’est plus bienveillante puisqu’elle n’est plus gratuite, offerte, elle est une obligation professionnelle, forcée, peut finalement même être simulée. Ca me semble contradictoire.

    Aimé par 1 personne

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